Qu’est-ce qu’un SEL ?

Un Système d’Echange Local est un réseau le plus souvent associatif (déclaré ou de fait), d’économie alternative et solidaire qui permet à des personnes géographiquement proches, de s’entraider, d’exercer leurs talents, de mettre en avant leurs compétences et savoir-faire et surtout d’avoir accès à des biens et des services qu’elles ne pourraient pas forcément s’offrir, faute de moyens.

Les adhérents échangent donc des biens, des savoirs ou des services, sans argent.

Des valeurs éthiques, respectueuses des êtres humains et de l’environnement. Des valeurs humaines d’entraide, de partage, de solidarité, de coopération, de confiance et de convivialité. « Un lien vaut mieux qu’un bien »; « La rencontre de l’autre vaut tout l’or du monde »

Le premier SEL est né au début des années 80 dans la ville de Vancouver frappée par la crise. Le premier SEL français est né en Ariège au milieu des années 90. SEL’idaire recence, en 2014, plus de 500 SEL (environ 35000 sélistes).

Les échanges sont valorisés au moyen d’une unité d’échange dont le nom est choisi par les membres du SEL (le grain, la noix, le bigorneau, le clou, le radis pour nous RADISEL…). Cette unité d’échange n’a pas de parité avec l’euro. Elle n’est pas capitalisable et ne produit pas d’intérêt.

Dans le SEL, chaque individu a le même statut. Toutes les compétences sont reconnues et valorisées. Il n’y a pas de « hiérarchisation » des compétences: une heure de service vaut toujours 60 unités et 1 heure de garde d’enfant a la même valeur qu’1 heure d’informatique ou 1 heure de coupe de cheveux…

Les échanges sont circulaires (on n’est pas dans un système de troc direct entre 2 personnes, on échange entre tout un réseau).

Les échanges de biens s’évaluent de gré à gré entre les « sélistes ». Les échanges au sein du SEL permettent de pratiquer une consommation plus locle, moins abondante et qui rendent les biens plus durables.

Le Système d’Echange Local développe donc un autre type de rapport au travail, à l’argent et aux relations sociales. Il favorise ainsi la solidarité et la convivialité.

Les services échangés ne sont pas assimilés à du travail clandestin puisque ils sont ponctuels, de courte durée et de particulier à particulier.

CHARTE

« L’Esprit du SEL » – version 2013

Le SEL est un système d’échange qui s’inscrit dans la perspective d’une alternative au système économique actuel. Par sa réflexion et ses pratiques, il participe à la transition vers une société plus juste, respectueuse des êtres humains et de l’environnement.

Adhérer à un SEL c’est :

Article 1 – Affirmer : « le lien est plus important que le bien ».

Article 2 – Échanger dans le respect, l’intérêt mutuel et collectif, en développant des pratiques d’échanges. La valeur de ces échanges est basée sur le temps, exprimée en unités locales, de manière équitable, sans référence au système mercantile.

Article 3 – Révéler, reconnaître, valoriser et transmettre les savoirs, les savoir- faire et l’expérience par l’échange, la coopération, la solidarité, la réciprocité et le savoir-être.

Article 4 – Développer et expérimenter une vision transformatrice de la société, des pratiques démocratiques au sein des Sel par l’implication et la prise de responsabilités individuelle et collective.

Article 5 – S’inscrire dans une dynamique de prise de conscience de son impact sur l’environnement. Eviter le gaspillage et la surconsommation.

Article 6 – Fonctionner en toute indépendance vis-à-vis des partis politiques, des mouvements religieux ou sectaires et interdire tout prosélytisme en leur faveur. Exclure tout propos et comportement discriminatoire.

Chaque SEL est une source de développement des valeurs individuelles libérant des forces nouvelles qui prépareront une société plus juste, plus fraternelle où chacun retrouvera sa place.

« La rencontre de l’autre vaut tout l’or du monde »